Après la préparation physique, le deuxième point déterminant pour la réussite d’un thru-hike est le poids du sac, qui est également LE point sensible, en particulier pour les randonneur.se.s traditionnel.le.s. En effet, beaucoup de randonneur.se.s ne parviennent pas mentalement à franchir le cap du sac léger, car en randonnée plus encore que dans un voyage classique, vous rentrez dans un univers nouveau où les codes ne sont pas les mêmes, et où l’on peut facilement perdre ses repères… Il est donc tout naturel de vouloir se rassurer en transportant beaucoup de matériel afin de recréer autour de soi une atmosphère familière. Mais cela devient rapidement une mauvaise habitude, et il est parfois très difficile d’en changer par la suite. Donc si vous débutez, autant le faire léger !

Dans votre vie de marcheur.se de longue distance vous recevrez de nombreux conseils allant dans un sens ou dans l’autre, mais autour de vous vos proches plus ou moins expérimenté.e.s en randonnée vous inciteront toujours à prendre plus : pour votre sécurité, pour votre confort, etc. Ne cédez pas ! Libre à vous de vous faire votre propre opinion, et de tester une randonnée très confortable au bivouac avec beaucoup de matériel, mais ne le faites surtout pas sur un trail de longue distance. Bien que cette tendance se développe de plus en plus en Europe, c’est principalement de l’autre côté de l’Atlantique que vous trouverez les idées et les équipements vous permettant d’alléger le poids du sac.

En Europe vous croiserez éventuellement des marcheurs ultra-légers (MUL), qui bien souvent tombent dans l’extrême opposé jusqu’à sacrifier leur confort et parfois à mettre en parenthèse leur sécurité. Bien qu’il soit intéressant d’y cueillir certaines idées, cet article ne concerne absolument pas la marche ultra-légère, qui est souvent dévolue à une pratique plus sportive vers laquelle vous pourrez vous diriger par la suite si vous en ressentez l’envie.

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« Bro, combien d’onces ça fait ? » : la marche ultra-légère à l’américaine

I. Principe de la marche légère

Par « sac léger » j’entends un sac de maximum 15 kilos avec nourriture et eau comprises, sachant que certain.e.s randonneur.se.s se retrouvent parfois à porter 30 kilos sur le dos… J’ai moi-même commencé ma traversée de la Nouvelle-Zélande sur le Te Araroa avec un sac d’un peu moins de 20 kilos (ce que vous ne voulez pas faire, je vous assure !), pour progressivement abaisser le poids jusqu’à environ 15 kilos, mais il m’aurait été très simple de l’alléger encore si j’avais eu à préparer différemment ce trail, notamment avec les conseils que je vous propose dans cet article.

Tout comme à l’opposé le principe de la marche « lourde » repose sur un cercle vicieux, le principe de la marche légère repose sur un cercle vertueux :

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En effet un sac léger exige une consommation d’énergie moindre, et permet ainsi d’accélérer naturellement le rythme, sans forcer en aucune manière. De plus, porter moins lourd vous permettra d’accélérer volontairement si l’envie ou le besoin s’en fait ressentir, ce qui constitue une sécurité supplémentaire en milieu naturel.

Par ailleurs un sac léger vous permet de réduire fortement tous les risques de blessure liés à la pratique de la randonnée, et son impact sur votre corps à long terme :

  • Fracture d’usure : Notamment au niveau des os du pied, la fracture ou la fissure du métatarse étant une blessure récurrente partagée avec les marathonien.ne.s.
  • Périostite ou shin splints : Blessure également partagée avec les coureur.se.s de fond, cette blessure récurrente est néanmoins bien moins grave qu’une fracture d’usure. Il s’agit de l’inflammation des tissus tendineux et musculaire sur le dessus du tibia, accompagnée d’un gonflement. Cette blessure se produit généralement en randonnée après une longue marche sur une surface plane, et plus particulièrement sur route, dont le mouvement répétitif finit par fatiguer l’articulation. Même s’il est possible de continuer à marcher malgré la douleur, plus vous réagirez rapidement, plus le corps récupèrera de façon efficace. Pour ce faire il suffit de ralentir le rythme, voire de s’arrêter, un jour étant en général suffisant si le shin splints vient seulement de se manifester. Mais ne vous obstinez pas comme moi à marcher jusqu’à ce que la douleur ne vous laisse pas d’autre choix que de prendre une semaine de repos…
  • Fatigue articulaire aux genoux : Les genoux étant la principale articulation à absorber les chocs – qui peuvent se révéler particulièrement violents en descente – il est de votre devoir de les ménager, tant grâce à un sac léger que grâce à l’utilisation de bâtons de marche. Certains traumatismes peuvent handicaper sérieusement sur le long terme.
  • Problèmes de dos : Sont des effets indésirables d’un sac exagérément lourd ou mal réglé, ce qui peut se révéler particulièrement dangereux sur le long terme, en particulier pour de jeunes randonneur.se.s.
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Un sac léger et compact permet de gagner en agilité

II. Comment organiser son sac à dos ?

Bien que le poids du sac soit primordial, il n’est pas le seul paramètre à prendre en compte.

L’équilibre et l’organisation

En premier lieu il est important d’essayer autant que possible de faire rentrer tout le matériel à l’intérieur du sac, sans utiliser les lanières extérieures, qui bien que très utiles pour gagner en place peuvent compromettre l’équilibre, et qui doivent être seulement utilisées pour du matériel léger comme un matelas pliable. Votre sac doit être le plus compact possible.

D’autre part il faut essayer de répartir le matériel dans le sac en fonction de son poids, le plus lourd devant se trouver le long du dos, et le plus léger vers l’extérieur.

Pensez également à utiliser les poches supplémentaires, et notamment ventrales si vous en avez, afin d’accéder rapidement à certains équipements (appareil photo, GPS, etc.).

Bien régler son sac à dos

Pour ce faire, la meilleure solution est que juste avant de partir vous vous rendiez dans une boutique spécialisée avec votre sac à dos plein, et que vous demandiez au vendeur de vous aider à le régler. Vous serez toujours aidé.e avec le sourire, et pourrez recevoir du même coup de précieux conseils.

Si vous souhaitez le régler par vous-même je vous conseille cette vidéo de notre confrère de randonner-malin.com.

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C’est un point sur lequel les entreprises de matériel ne cessent d’innover, et qui concerne aussi bien la surface de contact avec le dos, que la ceinture abdominale, ou les sangles de portage. Ces innovations améliorent la tenue, la respirabilité, etc., bref le confort.

Cependant gardez en mémoire que, d’une part si votre sac à dos est léger, bien équilibré, et bien réglé vous n’avez pas forcément besoin de ce confort supplémentaire, et que d’autre part plus le sac se veut confortable, plus il est lourd, et donc… inconfortable, et oui ! C’est pourquoi malgré le discours engageant que l’on vous servira au moment de passer en caisse, je vous conseille de rester cohérent et d’aller à la simplicité. La bonne nouvelle étant que vous gagnerez également d’un point de vue financier.

Volume

Le volume du sac en litres est sa capacité en terme de « place« , dont dépendra la quantité de matériel et de nourriture que vous pourrez transporter.

On trouve un peu partout sur internet et même dans la bouche des vendeur.se.s spécialisé.e.s des conseils du type : pour randonner en autonomie il vous faudra : à la journée un sac de 10L à 35L ; pour 2 à 3 jours : 40L à 50L ; pour 3 à 7 jours : 50L à 65L ; pour plus de 7 jours : plus de 65L, etc. Et comment fait-on pour réaliser un thru-hike d’au minimum trois mois ? Ils vous répondront sûrement d’investir dans un âne. Ce type de corrélation simpliste entre durée et volume est bien évidemment faux, et s’inscrit dans un principe du toujours plus. D’ailleurs le fait d’acheter un petit sac sera le pas le plus important vers une pratique légère. J’ai par exemple rencontré en Nouvelle-Zélande un randonneur ultra-léger avec un sac à dos de 35L, soit en théorie adapté a une randonnée à la journée, alors qu’il marchait 3 000 km avec des autonomies allant jusqu’à cinq jours.

Le volume du sac dont vous avez besoin dépend de nombreux paramètres comme votre façon de randonner (classique, léger, ultra-léger), la météo que vous allez rencontrer, si vous partez seul ou avec un(e) partenaire avec qui vous pouvez partager le matériel, etc. Pour une pratique de longue distance je vous conseille un sac d’environ 50L, au maximum 60L, qui vous permettra de prévoir suffisamment de place pour la nourriture, et éventuellement du matériel spécialisé si vous devez vous confronter à de la neige. Avec un sac plus gros, soit vous seriez tenté.e de le remplir avec du matériel superflu, soit il vous gênerait à cause de son volume et de son poids.

Pour trouver le sac de vos rêves, vous pouvez faire confiance les yeux fermés au site Treeline Review, qui nous offre une étude comparative des meilleurs sacs en 2020 (en anglais) : ICI

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Ce à quoi devrait ressembler votre sac à dos

III. Liste de matériel

Maintenant que vous avez acheté votre sac, vous vous trouvez confronté.e à la plus grande préoccupation de tout.e randonneur.se en autonomie. Vous vous voyez alors peser le pour et le contre de chaque objet : « Est-ce que j’ai besoin de ceci ? », « Est-ce que cela ne va pas me manquer ? »…

Je vous propose donc une réponse claire et définitive à cette question d’ordre existentiel :

  • Si la réponse est claire dans votre esprit : oui j’en ai besoin, ou non, c’est que votre réponse est juste.
  • Si vous hésitez et êtes incapable de trouver une réponse, c’est que la réponse est non, vous n’en avez pas besoin.

À titre d’exemple, voici une liste de matériel adaptée à un trail de longue distance, que j’ai souhaitée assez générale pour vous permettre de faire vos propres choix en fonction de votre budget, des conditions de marche, et du poids de chaque item. Hors exception je vous conseille cependant d’éviter les premiers prix dont vous serez généralement déçu.e sur la longueur. Une bonne manière de remplir son sac est de comparer le poids de chaque élément et d’aller au plus léger, puis de faire une liste de votre matériel en comptabilisant le poids total. Vous aurez alors une idée assez précise du poids de votre futur sac, sachant que de nombreux items dans cette liste ne seront pas dans votre sac mais sur vous-même, en fonction de vos préférences et des conditions météorologiques.

Abri / Couchage

  • Sac de couchage : Dirigez-vous vers un sac de couchage classique 3 saisons. Inutile de prévoir un sac de couchage exagérément chaud et confortable qui se révèlera en fait inconfortable pour une randonnée en saison estivale. Privilégiez un petit volume plié, le matériau le plus efficace en matière de rendement volume/chaleur étant le duvet d’oie.
  • Matelas : Un matelas, qu’il soit gonflable ou pliant, est essentiel car il vous protègera du froid et de l’humidité du sol. Vous pouvez aller au premier prix pour cet item, notamment s’il est pliant.
  • + boules quies ?
  • Tente : Pour un premier thru-hike je vous conseille de vous diriger vers une tente classique :
    • 3 saisons : propre à une utilisation hors saison hivernale
    • 2 parois : paroi extérieure imperméable + moustiquaire
    • Prévue pour le nombre juste de personnes : 1 personne si vous marchez en solitaire, 2 personnes si vous marchez en couple

D’autres options peuvent se révéler plus légères et plus abordables en matière de prix, mais peuvent se révéler très inconfortables si la météo est mauvaise. Ce sont des choix envisageables pour des randonneur.se.s expérimenté.e.s qui connaissent leurs habitudes et leur niveau d’exigence :

  • Tarp : toile de bâche tendue de manière à servir d’abri
  • Bivvy : mix entre une tente et un sac de couchage

Rangements

  • Sac à dos : Ne pas oublier de le comptabiliser dans le poids total.
  • Sacs de congélation de type Ziploc© : Vous permettront de stocker votre nourriture (tel que le riz, les pâtes, la semoule, le muesli, le lait en poudre etc.) sans avoir à garder l’emballage.
  • Sacs étanches : Pour protéger vos équipements de l’humidité, et qui peuvent également à servir à segmenter votre sac à dos en rangeant les différents types de matériel dans différents sacs étanches, ce qui s’avère particulièrement utile dans le cas d’un sac minimaliste avec peu de poches.
  • Poche à eau ou bouteilles : 2L ou 3L est en général amplement suffisant.

Hygiène

  • Serviette microfibre taille XS ou S
  • Brosse à dent
  • Dentifrice : Prévoyez du dentifrice biodégradable de petite taille.
  • Mouchoir en tissu : Qui vous servira également de serviette et de chiffon en général.
  • Savon : Biodégradable également, il existe des savons liquides ou solides ‘tout-en-un’ que vous pouvez vous procurer en boutique spécialisée.
  • Cotons-tiges : Transférez un échantillon dans un plus petit contenant comme une boîte de boules-quies.
  • Papier-toilette : Ne portez qu’un rouleau à la fois. Petite astuce : se fournir dans des toilettes publiques pour ne pas avoir à acheter un pack entier. Chut, je ne vous ai rien dit !
  • + rasoir ?

Navigation / Sécurité

  • Boussole : Un premier prix fait l’affaire, sachant que le principal est de savoir s’en servir… (Sur certains appareils photos ou téléphones portables la fonction boussole est comprise)
  • Cartes / notes : Plutôt que d’emmener des cartes de type IGN, qui s’avèrent extrêmement encombrantes et onéreuses pour un itinéraire de longue distance, pensez à imprimer le tracé GPS sur des feuilles A4 ou A5.
  • + GPS ou application GPS pour téléphone
  • + Balise de détresse ? À prévoir absolument si vous marchez en solitaire, en particulier sur un trail difficile (comme le CDT ou le Te Araroa). Il en existe de plusieurs types, pour plus de précisions voir ICI.
  • + Téléphone satellitaire ?

Matériel électronique

  • Portable + chargeur
  • Batterie de rechange ou chargeur portable
  • + Panneaux solaires ? N’est véritablement efficace que si vous marchez dans un environnement dégagé et ensoleillé, comme en milieu désertique.
  • Écouteurs
  • Adaptateur : Pour le pays ou vous vous rendez uniquement, ne prévoyez pas un adaptateur universel qui est trop lourd.
  • Lampe frontale + un jeu de piles de rechange
  • Montre
  • Appareil photo compact + chargeur
  • + Tablette numérique ? Sur laquelle vous pouvez par exemple télécharger les cartes et un guide du trail s’il en existe un. Mais un téléphone s’en charge tout aussi bien…

Kit de réparation

  • Bracelet de paracorde
  • Fil et aiguille
  • Élastiques
  • Ruban adhésif de type Duct Tape

Trousse de secours

Inutile de prévoir là une trousse de secours à proprement parler, se retrouver dans une situation d’urgence étant extrêmement rare. Si cela arrive, prévenez les secours avec un téléphone ou une balise de détresse, puis venez en aide à la victime avec les moyens que vous possédez, votre maîtrise des gestes de premiers secours étant alors bien plus déterminante qu’une trousse de secours qui serait de toute manière incomplète. Il est fortement recommandé de prendre des cours de premiers secours si vous ne maîtrisez par les gestes de base.

  • Couverture de survie
  • Anti-diarrhéique
  • Antidouleur
  • Pansements en rouleau a découper
  • Désinfectant

Cuisine

Les deux principales options qui s’offrent à vous pour cuisiner léger sont, soit avec un réchaud à alcool, soit avec un réchaud à gaz basique. Bien que la différence soit faible, l’utilisation de l’alcool est moins chère et plus légère, notamment avec un réchaud fait-maison. Cependant la sécurité et la facilité d’utilisation d’un réchaud à gaz, avec lequel il est possible de contrôler l’intensité de la flamme, me fait préférer ce dernier. Libre à vous d’essayer les deux options et de vous faire votre propre idée. Il est également possible de se passer de réchaud pour manger froid, mais là encore je ne le conseillerais pas pour débuter sur un itinéraire avec plusieurs jours d’autonomie.

  • Casserole
  • Réchaud à alcool ou à gaz : Si à gaz, le plus basique est suffisant.
  • Reserve d’alcool ou de gaz :
    • L’alcool à brûler peut se présenter sous d’autres formes à l’étranger (comme par exemple des produits d’entretien). Ne pas transporter une bouteille d’1L, mais en vider une partie ou en transférer une partie dans un plus petit contenant, 0.5L étant amplement suffisant pour 1 personne.
    • Il existe des cartouches de gaz de différentes tailles, celles de 100g ou de 230g étant suffisantes pour 1 personne.
  • Couteau suisse : Avec des fonctions ciseaux et couverts par exemple.
  • Pierre à feu ou allumettes ou briquet : l’avantage de la pierre a feu étant qu’elle est utilisable même sous la pluie, et qu’elle dure bien plus longtemps. L’inconvénient étant qu’on ne peut pas allumer une cigarette avec…
  • Moyen de purifier l’eau : Dans la nature aucun besoin de purifier l’eau la plupart du temps. Pour savoir si de l’eau est potable fiez-vous à son apparence, à son odeur, à son goût, et à l’endroit où vous la prélevez en favorisant une eau courante (à côté de pâturages ne la buvez pas sans l’avoir purifiée). La filtration et la purification de l’eau sont deux processus différents qui peuvent être utilisés en complément l’un de l’autre. La filtration traditionnelle permet d’éliminer la majorité des résidus solides, alors que la purification avec des pastilles de chlore (ainsi que la filtration UV) permet d’éliminer jusqu’à 99% des organismes vivants (bactéries, virus, larves, vers, etc.) présents dans l’eau. Pour ma part je n’utilise jamais de système de filtration, et très rarement de purification, buvant l’eau telle quelle la plupart du temps, mais en faisant attention à l’endroit où je la prélève.
    • Filtre traditionnel
    • Filtre UV : très coûteux
    • Pastilles de purification : Facile d’utilisation et très abordable. Leur utilisation ne doit pas devenir systématique compte tenu de la toxicité que présente le chlore qui y est utilisé, et qui peut avoir des effets néfastes à long terme bien qu’il s’agisse de faibles quantités.

Vêtements

De manière générale il faut absolument éviter le coton qui absorbe et retient l’humidité, et qui peut être une cause d’hypothermie par météo froide et humide. Au contraire la laine mérinos est un excellent matériau qui possède des propriétés thermorégulatrices (plus chaud en hiver, plus froid en été) et antibactériennes (afin de limiter les odeurs). Il est possible de se diriger vers du premier prix sans que cela porte à conséquence. Par ailleurs voici un lien pour aborder de façon plus théorique le principe des couches de vêtements.

  • 1 T-shirt : 1ère couche haut du corps
    • Fonction : aérer le haut du corps tout en évacuant la transpiration.
    • Matériau a privilégier : synthétique ou laine mérinos.
  • 1 Pull : 2ème couche haut du corps
    • Fonction : conserver la chaleur du corps.
    • Matériau a privilégier : polaire.
  • 1 veste de pluie / 1 Poncho : 3ème couche haut du corps
    • Fonction : protéger le haut du corps de l’humidité extérieure et du vent + respirabilité
    • Les vestes de pluie spécialisées (dont le matériau le plus célèbre est le Gore-Tex©) étant très chères, redirigez-vous éventuellement vers des vestes de pluie classiques légères qui ont malgré tout une bonne imperméabilité. C’est plutôt du côté de la respirabilité que la baisse de qualité se fera ressentir, raison pour laquelle elles peuvent devenir difficiles à porter quand on est en activité, à force d’accumuler la chaleur et donc la transpiration. Pour ma part j’ai utilisé une veste de ce type en Nouvelle-Zélande, mais je ne la portais presque jamais en marchant.
    • Personnellement je n’apprécie pas les ponchos que je trouve encombrants et peu pratiques à porter. Cependant libre à vous de vous faire votre propre opinion… Voici une étude qui pourra vous y aider.
  • 1 à 3 sous-vêtements : Laine mérinos.
  • 1 à 3 paires de chaussettes : Laine mérinos ou matériaux synthétiques. Il est possible de trouver des chaussettes spécialement conçues pour la pratique de la marche / course à pied.
  • 1 short / 1 jupe 1 pantalon : Privilégiez votre confort selon vos préférences, sachant qu’il est tout à fait possible de randonner avec un short ou un jogging de course classique, ce qui permet de gagner en légèreté et en amplitude mouvement.
    • Un pantalon protège plus qu’un short mais n’a pas pour fonction de conserver la chaleur, et crée parfois même l’effet inverse s’il est humide. Il existe également des pantalons convertibles en shorts.
    • Certains rares randonneurs font également le choix du kilt pour gagner en confort, ou des cuissards de cyclisme pour une marche intensive.
  • Collants hommes / femmes : 2ème couche bas du corps par temps froid
    • Fonction : conserver la chaleur du corps + pyjama par temps froid
    • Matériau : laine mérinos
  • + Sous-pull Doudoune ? : Un item léger supplémentaire pour temps froid, et qui par conséquent n’est pas nécessaire pour la majorité des trails. Privilégiez pour le sous-pull une matière élastique proche du corps, et pour la doudoune une doudoune légère si possible en duvet d’oie.

Accessoires de marche

  • Chaussures : Avec le petit sac à dos une autre barrière mentale à franchir pour randonner léger… En effet, évitez absolument les chaussures à tige haute pour privilégier des chaussures de randonnée basses, voire des chaussures de trail running.
    • D’une part il est vrai que la chaussure à tige haute maintient la cheville et la protège, mais cette protection n’est pas nécessaire dans l’optique d’une marche légère qui réduit énormément les risques de blessure. De plus, le fait de marcher régulièrement sans tenue renforce la cheville, et donc la protège. Néanmoins ménagez vos chevilles les premiers temps, en particulier sur terrain difficile.
    • D’autre part bien que les chaussures hautes soient parfaites sur un itinéraire alpin, elles ne sont adaptées qu’à ce type de terrain. Compte tenu de la grande diversité de terrains sur lesquels un.e thru-hiker est amené.e à marcher, elles seront la plupart du temps inadaptées et inconfortables. Enfin, du fait de leur très faible respirabilité elles s’abîmeront très vite dans l’eau et maximiseront le risque d’ampoules et d’infections.
    • Ne transportez jamais deux paires de chaussures, mais soyez conscient.e qu’une seule paire ne vous tiendra probablement pas l’intégralité d’un trail de longue distance de plusieurs milliers de kilomètres…
  • Bâtons de marche (+ embouts ?) : Primordial pour gagner en aisance durant la marche, ils permettent de :
    • Soulager le poids du sac en en transférant une partie à travers les bras.
    • S’équilibrer, et donc gagner en sécurité sur terrain difficile.
    • Se propulser
    • Il est possible d’y ajouter des embouts en caoutchouc afin de limiter l’impact du planté de bâton sur un milieu fragile, ainsi que de gagner en confort et de limiter la nuisance sonore sur un sol dur.
  • Tongues / Crocs / Sandales : pour le bivouac
  • Lunettes de soleil
  • Couvre-chef : Protégeant du soleil.
  • Crème solaire
  • Répulsif anti-moustique : Pour une efficacité maximale à acheter en pharmacie dans le pays même.
  • + Gants / Mitaines ? Légers mais chauds, du type gants de cyclisme.
  • + Guêtres ? de course à pied et non pas d’alpinisme

Nourriture

Une liste exhaustive de toute la nourriture que l’on peut transporter et consommer durant une randonnée en autonomie serait impossible et inutile, puisque vos idées et vos préférences s’enrichiront au fur et à mesure de vos essais et des astuces que vous trouverez chez d’autres randonneur.se.s, dans des magazines, ou sur internet. Néanmoins je vous partage à titre d’exemple la liste de nourriture que j’ai consommée pendant le Te Araroa, sachant que ma principale préoccupation était d’aller au meilleur rapport énergie/poids/prix en mettant de côté le goût et la variété, raison pour laquelle cette liste n’a que très peu évolué pendant mon thru-hike.

  • Petit-Déjeuner :
    • Thé ou Lait en poudre (par la suite remplacé par du yaourt en poudre qui s’est avéré plus efficace)
    • Muesli
  • Snacks : 1 le matin + 1 l’après-midi + consommation aléatoire quand la faim se faisait ressentir + compléments aux autres repas
    • Barres de céréales
    • Tortillas avec du beurre de cacahuète et du miel
    • Mix de raisins, cacahuètes et pépites de chocolat
  • Déjeuner :
    • Crackers
    • Fromage sec
    • Saucisson / Chorizo (viande qui se conserve le mieux)
    • Noodles (que j’ai stoppé car je les digérais mal)
  • Dîner :
    • Pâtes / Riz / Couscous / Purée en poudre
    • Conserves de poisson (Thon / Saumon / Sardines) ou de poulet
    • Soupes en poudre

Si vous suivez tous ces conseils et que vous vous efforcez d’aller au plus léger, votre sac devrait peser au maximum 15 kilos, et habituellement autour de 12 kilos, eau et nourriture incluses. Si vous le souhaitez, vous pourrez alors profiter de la légèreté de votre sac pour vous faire plaisir en y ajoutant des effets plus personnels. J’ai par exemple rencontré des gens transportant :

  • Calepin + crayon
  • Matériel de photographie
  • Livre
  • Bière / Vin
  • Matériel d’aquarelle
  • (Liste non exhaustive !)
Avoir un sac léger permet avant tout de gagner en sérénité… Paradoxal non ?

Excuses pour ne pas avoir un sac léger

Ok, c’est un peu un titre provoc’, mais vous avez compris l’idée.

Je n’ai pas assez d’argent

Sans doute la meilleure excuse, il est vrai que la randonnée coûte cher

Mais relativisons, elle ne coûte à vrai dire pas plus chère que d’autres sports qui nécessitent des équipements, tels que l’équitation, la voile, la musculation, le ski, et j’en passe. De plus le thru-hiking est non seulement un sport, mais également une manière de voyager, et probablement la plus accessible de toutes en matière de coût. Il s’agit d’une question de choix, et si vous avez décidé de réaliser un thru-hike tenez-vous en et n’hésitez pas à investir dans des équipements qui vous aideront dans ce défi, et qui resserviront par la suite.

Les équipements de randonnée légers ne sont en général pas plus chers que des équipements classiques, à condition de rester dans la simplicité. Recherchez des compromis qui vous permettront d’allier légèreté, coût, et confort, n’utilisant pas des matières ou des procédés ultra-sophistiqués.

Priorisez vos types d’achats pour investir au plus utile :

  1. Sécurité : bien que coûteuse une balise de détresse doit être votre priorité si vous partez en solitaire, et de manière générale votre sécurité passe avant tout.
  2. Confort : Ne négligez pas votre confort, par exemple pour la tente ou le duvet, tout en restant dans du matériel léger.
  3. Légèreté : Enfin si vous pouvez vous le permettre investissez dans du matériel ultra-léger sophistiqué.
  4. Équipements accessoires : Je n’entends pas par là d’ajouter des équipements à la liste de votre sac à dos, mais au contraire d’en enlever, certains équipements accessoires constituant un coût supplémentaire comme un GPS ou une doudoune.

Enfin n’hésitez pas à éplucher les annonces de ventes d’occasion, qui est un marché qui se développe énormément depuis quelques années, et en dernier recours à vous faire offrir du matériel par vos proches, en jouant sur la fibre sentimentale si nécessaire… (Cela fonctionne bien pour la balise de détresse)

Je suis à l’aise avec un sac lourd

S’expliquant grâce a une bonne condition physique et/ou au confort du sac à dos, cela ne doit pas vous faire oublier qu’un sac lourd aura toujours un impact plus important sur votre corps, en particulier sur le long terme. De plus, peut-être l’avez-vous déjà expérimenté sur une randonnée en autonomie de courte ou moyenne durée, mais au bout de quelques semaines sur un trail de longue distance, vous n’aurez qu’une chose en tête : l’alléger.

Cependant il est vrai que chacun.e est différent.e, et que chacun.e est capable de porter sainement un sac plus ou moins lourd. Un sac léger doit cependant rester une priorité absolue pour les marcheurs les plus fragiles. On considère généralement que le poids du sac ne doit pas excéder 25% du poids de la personne qui le porte.

Je préfère avoir des équipements confortables

Légèreté ne rime en rien avec inconfort, tant que l’on ne tombe pas dans des extrêmes ultra-légers, que notre matériel est adapté, et que l’on prend de bonnes habitudes. Par exemple un seul T-Shirt peut paraître insuffisant, mais si le tissu est adapté il est possible de le laver et de le remettre après l’avoir fait sécher 10 minutes tous les jours.

Par ailleurs pendant un thru-hike on passe la plus grande partie du temps à marcher, activité pendant laquelle on est constamment exposé.e au risque de blessure, de chute, d’épuisement, etc.. Bien que le confort au bivouac soit également très important pour récupérer, c’est donc le confort au cours de la marche qui devrait primer… Et pour cela il n’y a qu’une solution : avoir un sac léger.

Les équipements légers sont trop fragiles

Il est vrai que des équipements extrêmement solides seront plus lourds, mais les équipements légers ne sont pas TROP fragiles pour autant.

La première chose à considérer est la conséquence du cercle vicieux dont je parle au début de cet article : plus les équipements sont lourds, plus ils nécessitent que les autres équipements soient solides et donc lourds. Tout est une question de cohérence, si vous randonnez léger faites-le complètement, et aucun équipement ne sera jamais trop fragile.

D’autre part la plupart des équipements très résistants sont prévus pour des conditions extrêmes, comme en alpinisme. De telles conditions ne sont pas présentes sur les trails classiques, vous n’en aurez donc pas besoin. Le véritable ennemi du matériel pendant un thru-hike est l’usure, qui atteint aussi bien les équipements dits « solides », que légers.

J’ai besoin d’autres affaires pour la suite de mon voyage

Il s’agit là d’un problème auquel je me suis retrouvé confronté en Nouvelle-Zélande. Transporter des affaires de voyage classiques durant votre thru-hike en prévision de la suite est absolument inenvisageable… Vous n’êtes pas un voyageur classique ! Dans ce cas de figure n’hésitez pas à vous renseigner sur internet avant votre départ, ou auprès des autres randonneur.se.s sur place (ils auront peut-être des idées que vous n’avez pas), mais sachez qu’il existe toujours au moins une solution.

  • Renseignez-vous notamment auprès des services postaux : en Nouvelle-Zélande il existe un service appelé Post Restante qui permet de conserver un colis pendant une durée allant jusqu’à 2 mois pour environ 20 euros.
  • Un casier dans une gare, un aéroport, une auberge de jeunesse, etc. est aussi envisageable à condition de ne pas être trop coûteux.
  • Si vous avez des ami.e.s, des connaissances ou de la famille dans le pays n’hésitez surtout pas à leur confier vos affaires en trop.
  • Enfin dans le pire des cas vos proches pourront vous renvoyer des affaires sur place.

Et si je reste bloqué.e en pleine nature et que je n’ai pas suffisamment de nourriture ou d’équipements ?

Tout d’abord il faut bien dissocier la nourriture qui se consomme et pour laquelle il faut donc que vous vous rendiez dans une ville afin de vous ravitailler, des équipements qui sont durables et pour lesquels si vous êtes correctement organisé.e vous n’aurez besoin de revenir à la civilisation que très rarement. Donc si vous êtes bloqué.e dans la nature le problème concernera normalement la nourriture.

En l’occurrence l’un des avantages d’un sac léger est justement qu’il permet de transporter une plus grande autonomie pour un volume donné, puisque la quantité restreinte d’équipements offre une partie plus importante pour la nourriture. Un sac léger est donc plus adapté, à condition que vous planifiez précisément votre parcours en fonction du terrain rencontré et des prévisions météorologiques, et que vous étudiez les options de sortie d’une section. Par ailleurs il est recommandé de toujours prévoir un jour d’autonomie supplémentaire pour ce cas de figure.

Deuxièmement il faut différencier un arrêt dû à une situation d’urgence comme une blessure, et un arrêt dû à de mauvaises conditions météorologiques, ou autres :

  • Dans le cas d’une blessure ou plus généralement d’un état physique qui condamnerait complètement votre mobilité, n’hésitez pas à prévenir les secours qui arriveront au maximum au bout de 5 heures dans les pays possédant un système de recherche et de secours développé. N’attendez pas que votre état s’aggrave, et ne vous obstinez pas à continuer, ce qui l’aggraverait d’autant plus.
  • Dans le cas de conditions naturelles qui vous empêcheraient d’avancer, réorganisez votre itinéraire en fonction du nombre de jours d’autonomie qu’il vous reste, quitte à faire demi-tour. Néanmoins le fait de marcher léger sera pour vous un avantage énorme comparé à des randonneur.se.s classiques, car vous gagnerez en mobilité.
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Une rivière en crue peut vite devenir un obstacle infranchissable qui oblige à réorganiser son étape

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