Le Camino Mozárabe constitue la dernière étape de mon voyage de 3 000 kilomètres sur les chemins de St Jacques de Compostelle. Il s’agit de l’un des nombreux chemins annexes qui forment cet immense réseau à travers l’Europe. Il s’étend sur 400 kilomètres dans le Sud de l’Espagne, de Grenade à Mérida, ville où il rejoint la Via de la Plata qui continue vers Santiago, et à laquelle il est souvent assimilé. Bien que l’on considère généralement son extrémité Sud à Grenade, il existe des branches du Camino Mozárabe et de la Via de la Plata qui s’étendent un peu partout vers les villes principales de la province andalouse, comme Jaen, Almeria et Malaga. Ce réseau se prête donc particulièrement à une personnalisation du voyage à pied, en passant librement par les lieux que l’on souhaite. Pour ma part j’ai complété ce chemin de Mérida à Grenade, en sens inverse donc, car j’avais rejoint l’Espagne en marchant depuis Lisbonne, traversée dont vous pouvez retrouver le compte-rendu ICI. Étant donné qu’en décembre ce chemin est très peu fréquenté, cette aventure s’est avérée une nouvelle fois solitaire, mais je ne le regrette absolument pas car ce chemin m’a avant tout permis de découvrir ces régions d’Espagne dans toute leur dimension sauvage. Je garde peut-être de ce camino un souvenir particulier, car il signifiait la fin de mon voyage de trois mois, néanmoins je le considère comme le meilleur des itinéraires de Compostelle que j’ai eu l’occasion d’emprunter, tant pour la qualité de ses aménagements que de ses paysages. En effet, non seulement le parcours laisse une place importante à la nature exceptionnelle qu’il traverse, mais il va également à la rencontre de la culture et de l’histoire andalouses, qui tiennent une place particulièrement importante à Cordoue et à Grenade. C’est donc avec un plaisir décuplé que je souhaite vous faire découvrir l’expérience que j’ai vécue sur cet itinéraire.

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Itinéraire du Camino Mozárabe avec ses chemins alternatifs.

I. Des lieux

Des paysages atypiques

La majorité du Camino Mozárabe se situe en Andalousie, mais une grande partie se trouve également en Estrémadure, région de l’Ouest de l’Espagne. Ces deux régions sont assez similaires, notamment en ce qui concerne le climat, très sec et très chaud. En été la marche sur le Camino Mozárabe ou la Via de la Plata peut s’avérer extrêmement rude du fait des températures élevées avoisinant les 40° C. Il vaut donc mieux privilégier la mi-saison pour s’y rendre, ou même l’hiver. Ainsi lorsque j’y ai marché en décembre les températures stagnaient entre 10° et 15° C, avec peu de précipitations. Les paysages que ce chemin traverse sont donc logiquement constitués d’une faune et d’une flore adaptées à ce milieu aride, dans un savant mélange de nature sauvage et d’exploitations agricoles. La culture de l’olivier tient notamment une place essentielle dans ces régions, mais bien loin de supplanter l’environnement naturel, ces plantations sont façonnées en harmonie avec les paysages, et exploitées de manière douce, bien souvent à la main. La grande force de ce chemin de Compostelle se trouve dans son unité, car contrairement au Camino Francés ou au Caminho Português sur lesquels le marcheur est amené à découvrir de nombreux endroits très différents (et plus ou moins intéressants, il faut bien le dire), le Camino Mozárabe reste cohérent tout du long, notamment en réussissant à proposer une grande majorité de passages naturels et une faible portion de marche sur route.

En Estrémadure on ne rencontre que très peu de dénivelé, raison pour laquelle la marche peut sembler plus monotone, sans pour autant que cela n’enlève rien au charme de ces campagnes de caractère méditerranéen, dans lesquelles l’immensité des plantations d’oliviers se ponctuent de la présence de petits villages accueillants, malgré la pauvreté évidente de leurs habitants.

En Andalousie ce paysage reste similaire dans sa composition, tout en se révélant bien plus vallonné. Le relief va croissant jusqu’à Cordoue, puis redevient plat, pour gagner progressivement en altitude jusqu’à Grenade qui se situe au pied de la plus haute chaîne de montagnes d’Espagne, la Sierra Nevada, qui culmine à 3 479 mètres sous les neiges éternelles du majestueux Mulhacén. Les paysages andalous que le Camino traverse restent gravés à jamais dans la mémoire du voyageur pour leur beauté à la fois très simple et très bucolique. Le chemin serpente entre vallées et montagnes, à travers des forêts d’oliviers au milieu desquelles s’ouvre soudain une clairière, au milieu de laquelle la lumière tamisée des arbres laisse entrevoir un troupeau de moutons. Lorsque la vue s’ouvre aux collines alentour, recouvertes du motif rond des oliviers, on croirait voir l’ornement régulier d’une broderie naturelle, qui s’étend pour disparaître à son tour, sans que l’on sache vraiment comment, et laisser place à des plaines dénudées ou paissent paisiblement les vaches andalouses. À travers ces paysages la marche gagne ainsi en intensité au fur et à mesure que l’on avance vers le Sud, tout en déployant sous les yeux du marcheur cette culture si particulière, marquée d’histoire et de traditions, et dont Cordoue et Grenade portent fièrement l’étendard. C’est pourquoi, si le but n’est pas de se rendre à Santiago, je conseillerais de marcher le Camino Mozárabe vers le Sud plutôt que vers le Nord, afin de conserver cette dynamique croissante jusqu’à l’aboutissement ultime de Grenade.

Montagnes et oliviers : Une synthèse en image des paysages du Camino Mozárabe

Trois villes emblématiques

L’itinéraire que j’ai suivi sur le Camino Mozárabe est marqué par trois grandes villes qui constituent les points-clés de ce chemin : Mérida, Cordoue, et Grenade, toutes trois inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Chacune possède ses propres spécificités du fait d’histoires particulières qui se rejoignent néanmoins dans une culture et des traditions communes. Cependant on remarque une différence bien plus marquée entre Mérida et ses deux voisines andalouses. En quelques mots Mérida est une petite ville à la fois vivante et traditionnelle, qui présente de nombreux vestiges de l’époque romaine, constituant un héritage unique par sa conservation exceptionnelle et sa diversité. Pour découvrir une visite guidée plus complète de la ville, je vous invite à lire cet article. Bien que la culture du Sud de l’Espagne y soit déjà très présente, c’est à Cordoue et à Grenade qu’elle se ressent le plus, étant donné que ces deux villes constituent avec Séville le trio historico-culturel de l’Andalousie, où l’on peut découvrir les témoignages vivants de cette culture, comme la tauromachie et le flamenco, ainsi que les vestiges poignants d’une histoire marquée par la domination musulmane, qui dura du VIIIème siècle au XVème siècle lorsqu’en 1492 Grenade fut reprise par Isabelle la Catholique, marquant ainsi la fin de la Reconquista.

À Cordoue le monument le plus représentatif de cette histoire est l’incroyable Mezquita, aujourd’hui cathédrale, mais qui est passée successivement par les stades de temple romain, d’église et surtout de grande mosquée, dont elle conserve en partie une apparence intérieure et extérieure qui fait d’elle l’une des œuvres majeures de l’architecture islamique. Sous la domination maure Cordoue était la capitale du Califat, et de ce fait le centre d’une véritable Renaissance culturelle et philosophique, dont les traces éclatantes sont toujours visibles aujourd’hui, éparpillées dans le centre historique de la ville qui à travers musées, expositions, et spectacles, continue à faire vivre ces trésors dont elle a hérité. Le dédale de ruelles pittoresques confère au quartier entourant la Mezquita l’atmosphère d’un autre temps.

On retrouve également cette impression à Grenade dans le quartier de l’Albaicin, dont les escaliers remplis d’échoppes colorées aux airs de bazar oriental mènent à plusieurs points de vue sur la somptueuse Alhambra, qui se dresse au sommet de la ville, et sur la Sierra Nevada dont les pentes enneigées constituent la toile de fond permanente de cette ville extraordinaire. En effet, de manière similaire à Cordoue qui possède un vestige exceptionnel de son passé musulman avec la Mezquita, Grenade possède l’Alhambra, un ensemble spectaculaire de palais et de fortifications qui témoigne du faste et de la richesse de la dynastie des Nasrides, et qui aujourd’hui constitue le monument le plus visité d’Espagne. Si vous passez à Grenade il est primordial de visiter cet endroit, qui a dévoilé à mes yeux de voyageur certaines des plus belles œuvres architecturales que j’ai pu voir dans ma vie. Ce n’est qu’à la lumière de la sobriété saisissante de la Grande Mosquée de Cordoue, et de l’opulence merveilleuse de l’Alhambra, que l’on peut véritablement saisir la quintessence de cette culture musulmane qui a marqué l’histoire de l’Andalousie jusqu’à nos jours.

Les voûtes de la Mosquée de Cordoue, qui résonnent encore aujourd’hui des prières, qui juives, musulmanes ou chrétiennes, se tournaient alors vers le même Dieu, dans ce lieu où la beauté de l’esprit avait trouvé à s’incarner.

II. La vie en Andalousie

La culture andalouse

En Andalousie la culture espagnole se trouve exacerbée au point de presque dépasser des clichés, et je pèse mes mots. Certains aspects de cette culture sont véritablement ancrés dans la vie des Andalous, à l’image de la tauromachie, pour commencer par l’aspect le plus controversé, qui tient une place bien plus importante que ce que nous pourrions imaginer en France. Il ne s’agit ni plus ni moins du sport national de la région, au même titre que le football. Cette pratique provoque un engouement si important qu’elle est à la source d’une activité économique non négligeable, et que surtout les corridas qui prennent place dans les arènes (dont la plus importante se situe à Séville) sont l’occasion d’un rassemblement de grande envergure qui participe à nourrir la vie citoyenne. Les toreros possèdent tous leur groupe d’aficionados, avec produits dérivés et tout ce qui se rapporte au supporterisme sportif, et peuvent même rentrer dans l’Histoire s’ils passent les portes du musée taurin de Cordoue, consacré à cette pratique.

Il s’agit probablement de l’aspect le plus brutal de cette culture, qui s’exprime également par d’autres traditions comme le flamenco, que l’on peut notamment admirer et écouter à Grenade. C’est dans les grottes du Sacromonte, un quartier troglodyte très pauvre mais animé et original, qu’est née la Zambra gitane. Il s’agit un courant de flamenco que la proximité entre artistes et spectateurs rend très impressionnant, et qui est aujourd’hui pratiqué dans de nombreux établissements dispersés dans toute la ville. Ainsi la vie nocturne y tient une place importante, la meilleure façon de découvrir cette ambiance particulière étant de vagabonder dans les quartiers animés, et de s’arrêter pour déguster des tapas et un verre de vin. La gastronomie locale se trouve particulièrement enrichie de cette tradition des tapas, qui correspond à un apéritif faisant parfois office de repas, à tel point que lorsque l’on commande un verre d’alcool, il est fréquent de se le voir servi avec un accompagnement.

Néanmoins, cette animation culturelle ne se rattache pas seulement à ces aspects prosaïques, qu’ils soient artistiques ou sportifs, mais bien plus encore à la religion chrétienne qui tient ici une place primordiale. En effet la majorité de la population vit sa foi avec ferveur, et les événements religieux rythment la vie quotidienne des Espagnols, à la fois à travers les étapes de catéchisme, mais surtout à travers les fêtes nationales et locales qui sont souvent l’occasion d’organiser une cérémonie solennelle, et d’étendre cette célébration à toute la vie civile. Ainsi lorsque l’on célèbre certains saints ou certains épisodes de l’Évangile, il est fréquent d’organiser des processions théâtrales dont les membres traversent la ville en portant bannières et statues sacrées, à tel point que lors de la Semaine Sainte les événements religieux sont parfois représentés sous forme de reconstitution historique. J’ai moi-même été pris dans les festivités consacrées à la patronne de Mérida, Ste Eulalia, et j’ai alors constaté que cet engouement, bien de loin de se limiter à la piété religieuse, atteignait toute la ville qui en cette journée fériée avait organisé de grandes fiestas, où la tradition et l’excitation des foules se rejoignaient ensemble pour créer ce sentiment d’exaltation générale.

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La procession fastueuse en l’honneur de Ste Eulalia, patronne de Mérida

Des rencontres 

Il est vrai que le fait de ne rencontrer aucun autre marcheur ou presque se révèle parfois difficile, puisque l’on se trouve par conséquent isolé, dans un état de vulnérabilité, et dont la différence avec la vie quotidienne de la population locale présente une véritable barrière, d’autant plus importante que l’on ne connaît peut-être pas les clés culturelles qui faciliteraient le contact. Néanmoins, cet effet s’avère également positif puisqu’il nous force à débloquer cette situation d’isolement en se tournant vers les locaux, et ainsi à apprendre d’eux. L’apprentissage de l’espagnol constitue bien sûr un élément capital pour initier cette démarche, mais même sans parler la langue, il est toujours possible de communiquer, ne serait-ce qu’en commençant par un sourire. Les Espagnols, sous leur apparence parfois abrupte, dissimulent des cœurs d’or, et vous gagnerez toujours à faire l’effort de vous rapprocher d’eux pour apprendre à les connaître.

Voici les exemples de deux rencontres particulièrement touchantes que j’ai vécu sur le Camino Mozárabe, et qui, je pense, m’ont fait grandir dans mes qualités d’être humain. La première expérience ne concerne pas une rencontre particulière, mais plutôt celle de tout un groupe de personnes dont la bonté et l’ouverture d’esprit m’ont particulièrement frappé. Je suis arrivé à Don Benito, petite ville proche de Mérida, très tard dans la soirée après huit jours passés sans prendre de repos. Je comptais donc absolument passer la nuit dans une auberge de pèlerins, et après quelques recherches je finis par effectivement en trouver une, mais on me signale qu’elle fait également office de « refuge pour les pauvres ». Malgré ma réticence à dormir dans ce que j’imagine être un centre d’accueil pour SDF, je m’y rends et je découvre à ma grande surprise un lieu propre, bien organisé, et à l’ambiance bon enfant. Par-dessus tout, les autres personnes présentes font immédiatement preuve d’une grande générosité, me font participer à leurs discussions, s’intéressent à moi malgré mon isolement, et à la fin de la soirée tout le monde est tellement à l’aise que je me sens presque de la famille !

Le deuxième exemple concerne également un cas d’altruisme qui m’a beaucoup touché, en particulier car il provenait d’un homme au mode de vie très simple lui aussi, un berger. Alors qu’un soir je cherche un endroit où camper en marge d’une petite ville, je décide de planter ma tente sur le bord d’une rivière, non loin d’un pont sous lequel j’ai aperçu un enclos, sans pour autant m’en alarmer. Mais bientôt le berger s’approche avec son troupeau, le fait rentrer sous le pont, et après un instant d’hésitation je le vois de loin se diriger vers moi. Malgré ma difficulté à saisir son accent très prononcé, il finit par me faire comprendre que je ne peux pas rester ici, car les chiens qu’il laisse avec les moutons pendant la nuit pourraient se révéler agressifs envers moi. Je range donc ma tente et tout le matériel que je venais d’installer, et il m’accompagne pour me montrer un autre endroit où je peux dormir, avant de s’en aller. Alors qu’après un dîner modeste je m’apprête à m’endormir, emmitouflé dans mon duvet, j’aperçois soudain les phares d’une voiture pointer vers mon campement, et j’entends résonner des coups de klaxons. Je sors de la tente, un peu paniqué, et me retrouve face au berger de tout à l’heure. Après être rentré chez lui, il est reparti dans la nuit pour venir m’apporter un grand café chaud et des chocolats de Noël. Merci.

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Les meilleures rencontres ne sont pas toujours celles que l’on croit…

III. Conseils pratiques 

Où dormir ?

  • Sur la plupart des chemins de St Jacques de compostelle en Espagne, la solution la plus répandue consiste à utiliser les services proposés par les gîtes pour pèlerins, ou albergues, qu’ils soient privés ou publiques. Les prix sont en général très abordables, entre 5 et 10 euros pour les moins chers. Cependant ce réseau est bien moins développé que sur des chemins importants comme le Camino Francés ou la Via de la Plata.
  • Compte tenu de l’accueil enthousiaste des locaux, il est tout à fait possible de trouver à dormir en profitant de l’hospitalité des habitants ou de l’aide des communes.
  • Il est bien sûr possible de suppléer à ce manque d’albergues en dormant en hôtel ou en auberge de jeunesse, dont les prix sont très corrects comparés à ce que l’on connaît en France. Cependant cette solution nécessite d’arriver dans une ville suffisamment grande, en particulier pour les auberges de jeunesse. Néanmoins, je ne peux que vous inviter à tenter l’expérience dans les grandes villes, où pour une dizaine d’euros il est possible de loger en plein centre dans des auberges de jeunesse chaleureuses, bien entretenues, et pleines de charme.
  • Il est également possible de dormir en tente, option que j’ai personnellement privilégiée. Il existe de nombreux campings, dont les prix sont très abordables mais qui sont pour la plupart fermés pendant la saison hivernale. Le camping sauvage ne pose absolument aucun problème, tant qu’il est pratiqué dans le respect du voisinage, de la propriété privée, et de l’environnement. Par ailleurs cette solution permet à la fois de vivre une expérience plus proche de la nature, de réaliser d’importantes économies, et d’organiser complètement ses étapes en choisissant leur longueur et le lieu où l’on dort.
Ce type de campagne offre toujours des possibilités pour camper… en l’absence de taureau bien sûr !

Comment manger ?

La meilleure solution, tant d’un point de vue culinaire que d’un point de vue financier, consiste à adopter les habitudes des Espagnols. En effet cela permet tout d’abord de découvrir cette culture culinaire composée d’une richesse insoupçonnée de plats et de produits typiques, qui nous est plus étrangère que ce que nous pourrions imaginer en tant que Français. Ensuite, car c’est de cette manière qu’il est possible d’effectuer d’importantes économies, bien que de manière générale les prix dans le Sud de l’Espagne soient très bas. Étant donné que le modèle du supermarché est moins répandu en Espagne qu’en France, notamment dans les campagnes, et que le choix est également moins vaste, il est préférable de ne pas chercher à conserver le même régime alimentaire que celui dont on a l’habitude chez soi. Pour se faire, il faut quitter les rayons et les emballages immaculés, et pénétrer dans un petit bar à l’écart des grandes voies de passage pour commander des tapas, des platos combinados (assiettes composées), des tortillas (omelette espagnole aux pommes de terre), ou bien sûr un bocadillo (sandwich) dont la quantité surprend souvent pour le prix dérisoire. Fuyez absolument les menus pour pèlerins, les assiettes de paëlla servies pour des prix astronomiques, et en général tout ce qui est affiché sur de grands panneaux publicitaires… Il s’agit ni plus ni moins d’attrapes-touristes. Pour les campeurs, si la volonté est absolument aux économies tout en souhaitant conserver des repas équilibrés, il peut être judicieux de prévoir un peu d’autonomie en nourriture et d’utiliser un réchaud. Pour ma part, sans jamais cuisiner et sans transporter plus de deux repas, j’ai réussi à respecter un budget moyen d’environ 10 euros par jour pour la nourriture.

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De nombreux châteaux, parfois très peu indiqués, se dissimulent dans les paysages naturels et dans les villages.

Que mettre dans son sac ?

Se reporter à la section du même nom dans l’article Les Chemins de St Jacques de Compostelle : La Voie de Tours, et à l’article Débuter le Thru-Hiking : Marcher léger.

De manière générale, un sac de plus de 10 kilos est inadapté étant donné que cette marche ne nécessite aucun équipement particulier, qu’il n’y a nul besoin de prévoir une autonomie en nourriture, et que le camping est optionnel.

Bien que de manière générale la marche s’avère très facile, certains passages s’apparentent à de petits sentiers de montagne.

Comment se repérer ?

  • Si l’on se dirige vers Santiago, le balisage est suffisant pour que l’on puisse se repérer principalement grâce aux indications. En revanche, en sens inverse il se révèle trop pauvre pour que l’on puisse se baser dessus.
  • L’utilisation de cartes me paraît inadaptée à de la marche de longue distance, en particulier des cartes classiques de randonnée au 1:25000, qui s’avèrent particulièrement encombrantes. Si vous souhaitez privilégier des cartes papier, il peut être judicieux d’imprimer l’itinéraire de chaque étape en format A4/A5.
  • En revanche je recommande fortement l’utilisation d’un GPS ou d’une application GPS pour téléphone, notamment si l’on se dirige vers le Sud. Légère et pratique, cette solution permet par ailleurs de prendre facilement des libertés avec l’itinéraire officiel.
  • Il existe de nombreux guides papier, comme des guides locaux ou des guides GR et Michelin, qui constituent une valeur sûre. Il est à noter que dans les guides des chemins de Compostelle le Camino Mozárabe est souvent associé à la Via de la Plata.
  • Il peut être également utile d’avoir accès à une documentation annexe via un téléphone ou une tablette, comme celle fournie par l’ACIR, et de se procurer un guide numérique en format PDF ou en numérisant soi-même un guide papier. Le très bon site Gronze répertorie tous les chemins de St Jacques de Compostelle et permet d’organiser facilement ses étapes.
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La vue classique, mais non moins saisissante, sur la Mezquita de Cordoue depuis l’autre côté du pont romain.

Les chiens

Ce paragraphe peut sembler surprenant, mais il se trouve malheureusement justifié par la présence sur le Camino Mozárabe de chiens qui se révèlent potentiellement dangereux pour les randonneurs, notamment de très nombreux patous utilisés par les fermiers et par les bergers pour défendre leurs troupeaux. J’avais précisé dans l’article concernant le Camino Francés en Espagne que je n’avais connu aucune mauvaise rencontre, ou presque, contrairement à la Voie de Tours en France et au Caminho Português au Portugal. Par conséquent j’en ai tiré la conclusion que le Camino Francés fait figure d’exception, car du fait de son énorme fréquentation les propriétaires des chiens se voient obligés de porter plus d’attention à ce problème afin d’éviter les accidents.

Je vous invite donc à vous reporter au paragraphe du même titre dans l’article concernant la Voie de Tours, ICI, où vous pourrez trouver des conseils pratiques.

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Détail de l’intérieur des Palais Nasrides dans l’Alhambra à Grenade, à l’image de la délicatesse générale de cette oeuvre architecturale exceptionnelle.

Ainsi s’achève donc cette aventure de 3 000 kilomètres à travers l’Europe sur les Chemins de Compostelle, à la découverte de paysages naturels, de témoignages culturels et de vestiges historiques dont on oublie trop souvent la beauté… Alors, avant de vous envoler à l’autre bout du monde, ça vous dirait de partir en exploration à côté de chez vous ?

6 commentaires sur “

  1. bonjour, je suis actuellement sur le chemin Mozarabe, partie de Malaga à Antequera où j’ai pris le bus car je ne voulais pas manquer Grenade, repartie de Grenade après une superbe visite et me voilà à Cordoue. A cette période l’inconvénient est que la majorité des al ergues sont fermées car problème de chauffage et comme je suid seule ils n’ouvrent pas pour une seule personne mais je trouve beaucoup de petits hôtels ou casa rurale à 20 € la nuit. Pour ceux qui aiment la solitude là c’est le cas ! mais cela oblige à essayer de dialoguer avec les espagnols. J’arrive plus facilement à entamer la discussion avec des femmes, les hommes sont plus distants avec une femme seule. Superbe voyage. Le bémol pour moi du mois (var il manque cruellement d’eau tout est à sec) très grosses pluies annoncées à partir de ce soir, donc à suivre. Venez découvrir ce beau chemin d »autant plus que la région a besoin de travailler.

    • Bonjour,
      Je vais partir de Grenade le 21 mars pour me rendre à Merida tout d’abord.
      Merci de me faire profiter de vos coups de cœur.
      Amitiés jacquaires

  2. bonjour, je suis actuellement sur le chemin Mozarabe, partie de Malaga à Antequera où j’ai pris le bus car je ne voulais pas manquer Grenade, repartie de Grenade après une superbe visite me voilà à Cordoue. A cette période l’inconvénient est que la majorité des albergues sont fermées car problème de chauffage, comme je suis seule ils n’ouvrent pas mais je trouve beaucoup de petits hôtels ou casa rurale à 20 € la nuit. Pour ceux qui aiment la solitude là c’est le cas ! cela oblige à essayer de dialoguer avec les espagnols. J’arrive plus facilement à entamer la discussion avec des femmes, les hommes sont plus distants avec une femme seule. Superbe voyage. Le bémol pour moi du moins (car il manque cruellement d’eau tout est à sec) très grosses pluies annoncées à partir de ce soir, donc à suivre. Venez découvrir ce beau chemin d »autant plus que la région a besoin de travailler.

    • Merci beaucoup pour ce témoignage ! Ton expérience est très intéressante, en particulier pour le point de vue femme seule / saison hivernale.
      En effet le Camino Mozarabe est magnifique et mérite amplement que l’on y marche !
      Bon courage pour la suite de la marche, notamment avec le mauvais temps qui arrive… Buen camino ! 😉

    • Bonsoir
      Je suis Française et aime marcher seule en itinérant. Après la Via de la Plata il y a 2 ans, le chemin Mozarabe me tente mais certaines étapes sont trop longues pour moi et j’aimerais savoir comment vous les avez parcourues ; en particulier Villaharta-Alcaracejos mais aussi Hinojosa-Monterrubio de la Serena. Merci de me dire aussi quels documents vous ont rendu service.
      Au plaisir de vous lire. Michèle

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